Le Mans Ultimate (LMU), nouveau DLC, grosse mise à jour et grands progrès

Le 24 septembre dernier, Studio 397 (le développeur de rFactor2 et de Le Mans Ultimate) a procédé à une mise à jour très attendue de LMU avec un nouveau DLC payant (contenant l’Alpine A424, L’isotta Fraschini et le circuit du Texas, COTA) mais aussi et surtout, une grosse mise à jour de la simulation avec des nouvelles fonctionnalités très attendues (au moins par moi !).

Pour fêter cela, Studio 397 a publié cette vidéo spectaculaire :

Dans cette autre vidéo, nous avons le boss du studio (Stephen Hood) qui explique dans le détail les nouveautés apportées par cette mise à jour :

Dans cet article, je ne vais pas revenir sur le contenu du DLC car je n’ai pas encore roulé sur le COTA et avec l’Isotta. J’ai juste essayé l’A424 (qui a un bruit moteur rageur qui est assez envoutant). Je préfère me concentrer sur les nouvelles fonctions qui, selon moi, sont vraiment le gros morceau de cette mise à jour.

En effet, cela faisait des mois (depuis la sortie de LMU en fait) que je répétais que cette simulation avait besoin de la fonction d’enregistrement (possibilité d’enregistrer sa course en cours de route afin de pouvoir la faire entièrement en plusieurs fois) pour décoller. Et, ça y est,  cette possibilité d’enregistrement est enfin disponible !

Mais ce n’est pas tout : cette mise à jour apporte également le mode « coop » qui est une vraie nouveauté encore jamais vu dans le domaine du SimRacing. Bien sûr, rFactor2 ou iRacing propose le « driver swap » depuis bien longtemps (je raconte une de ces expériences sur iRacing ici) mais tout cela doit se faire online avec toutes les contraintes que l’on imagine : être dispos pile au bon moment, ne pas avoir d’incident de connexion et ainsi de suite, vous voyez le tableau. Ici, justement, LMU propose de changer la donne dans les grandes largeurs en inventant le « driver swap » offline ou asynchrone pour être plus précis.

C’est donc de ce mode « coop » et du « save & load » (l’enregistrement de course solo en offline) que je vous propose d’évoquer aujourd’hui dans cet article. Comme toujours, j’ai d’abord voulu attendre un peu avant de me lancer dans un nouveau commentaire sur LMU et ses nouveautés : le temps de rouler avec et de tester tout cela afin de vous apporter de la vraie « valeur ajoutée » car si c’est seulement pour répéter ce qu’explique Stephen Hood dans la vidéo ci-avant, ce n’est pas la peine, n’est-ce pas ?

Je voudrais aussi revenir et insister sur l’attitude déplorable de certains YouTubeurs francophone qui ont quasiment ridiculisé la fonction de sauvegarde avec des commentaires genre « bon, pourquoi pas mais je ne vois pas en quoi c’est utile, Studio397 ferait mieux de nous fournir les LMGT3 de la saison 2024 ! ». Tu vois pas en quoi ça peut être utile, espèce de snob prétentieux ?
C’est justement à cause de ces « snobs du SimRacing » que notre activité est souvent mal vue par les amateurs de sport-auto qui sont rebutés par le snobisme mal placé de certains YouTubeur spécialisés dans le SimRacing… Donc, arrêtez de faire la fine bouche et comprenez une bonne fois pour toutes que la plupart de ceux qui achètent LMU l’utilisent en offline et ne font quasiment jamais de courses online (jamais !).

Bref, revenons à nos fonctions… Et commençons par ce que j’appelle « l’enregistrement de de session ». J’ai pu la tester à l’occasion de trois courses différentes et je peux dire que ça fonctionne (ouf !) même s’il y a encore quelques glitchs ça et là. En effet, quelquefois, la possibilité d’enregistrer ne vous est pas proposée (embêtant…) mais, heureusement, il y a possibilité de ne rien perdre car il existe un onglet « backup » qui vous propose des enregistrements automatiques de la course en question au cas où, justement, vous seriez tombé sur un dysfonctionnement de ce genre…

Cependant, il est important de dire que cette fonction n’est pas proposée à n’importe quel moment : elle ne fonctionne qu’à l’occasion des arrêts aux stands. Lors de ces arrêts, l’interface de gestions des choix (quantité de carburant à remettre, changer les pneus ou pas, réparer la voiture partiellement, complètement ou pas du tout) apparait automatiquement alors que la session est alors en pause (vous ne perdez rien). Sur cette interface figure en bas à droite un bouton « enregistrer votre progression »… ça se passe d’explication, non ?
De plus, les arrêts aux stands sont grandement facilités par cette séquence car vous pouvez faire vos choix au dernier moment et en toute tranquilité : la simulation est en pause, tout va bien. Combien de fois n’ai-je manqué de me sortir en lisant l’interface de gestion des arrêts tout en pilotant ?
Là, ça change tout et dans le bon sens. De plus, pour tous les puristes (les snobs oui !) qui vont chouiner « oh, c’est pas réaliste », je rappelle que les pilotes sont en liaison radio permanente avec leur équipe et ils peuvent ainsi discuter des choix bien avant l’arrêt lui-même. Le pilote n’a pas à trifouiller quelques boutons pour sélectionner le choix de pneus à changer : il est déjà assez occupé comme cela !

Donc, le « save & load », ça marche et c’est un gros-gros plus pour LMU. Un point essentiel qu’Automobilista 2 (AMS2) devrait s’inspirer séance tenante !

Je ne serais pas aussi positif sur le mode « coop » qui est contraignant et dont certains choix sont contestables (pour moi en tout cas). J’espérais pouvoir disposer d’un mode qui me perpmettrait de faire des course « à distance » avec un de mes amis suisses. Mais bon, j’avais rêvé car le mode « coop » n’est pas du tout ce partage privé et asynchrone que j’avais espéré. Il s’agit plutôt d’un mode de compétition organisé par le staff de LMU et mis en avant comme tel. Tout d’abord, il n’y a que trois événements par semaine de disponibles… Si vous vouliez courrir au Mans, eh bien il faudra attendre que ce circuit soit « à l’affiche » et pas forcément dans les conditions que vous souhaitiez. Car tout est là : ce n’est pas vous qui choisissez les conditions dans lequelles vous allez courrir, elles sont déterminées par LMU et libre à vous d’y adhérer ou de passer votre chemin (tout comme les courses online en fait).

Alors, c’est bien beau de critiquer mais il faut au moins avoir essayé… C’est ce que j’ai pu faire ce week-end. Première étape, trouver des équipiers. Pour cela, j’ai utiliser le canal dédié à LMU sur Discord et c’est ainsi que j’ai rencontré Alix Day (c’est son pseudo sur Discord, pas son vrai non, hein !). Bon, je ne sais pas grand-chose sur Alix sinon qu’elle est super rapide et qu’elle a gentiment accepté de se trainer un vieux comme moi pour une course en coop. Nous avons choisi l’épreuve de 3H basée à Spa et en utilisant le Peugeot 9×8 car Alix me dit « j’ai les setups pour… ». Déjà, première mauvaise surprise : Alix m’a envoyé ses setups sur Discord (tout en me précisant où les placer sur mon PC) mais impossible de les charger sur LMU : quand je suis dans une séance d’entrainement à Spa, il n’apparaissent simplement pas. Alix pense qu’il s’agit d’un défaut de la nouvelle version car, d’après elle, le partage de setup était possible « avant »… Admettons.

Pour la répartition du « travail », nous avons fait simple : Alix faisait les qualifs et les premiers relais et je faisais la suite, tout simplement. Samedi en début d’après-midi, Alix m’envoi un message sur Discord me disant que c’est à mon tour de jouer : elle fait sa part et la voiture est en bonne état et en bonne position… vsier la 4ème place au final est tout à fait possible, no pressure !

Précisons qu’en mode coop, on roule contre les IA mais que tout est noté, tout donne droit à des points ou à des retraits de points… Gagner des places lors de dépassements (propres !) vous fait gagner des points, perdre des positions vous fait perdre des points. Jusque-là, c’est simple. Mais sont aussi noté votre régularité, votre capacité à ne pas franchir les limites de piste, à ne pas avoir de touchettes avec les autres voitures et ainsi de suite. Si vous imaginiez faire une course tranquille, remballez tout : vous êtes sous haute surveillance façon iRacing que ça vous plaise ou non…

Ce principe pouvait me plaire car, piloter propre, c’est justement mon point fort à défaut d’être hyper-rapide… Mais j’ai vite déchanté : le problème principal que j’ai rencontré lors de mes tentatives, c’est que les IA semblaient liguées contre moi !
J’ai tout eu dans le traffic : les GTE qui te poussent en sortie d’épingle (et paf, dans le mur des stands !), la P2 qui te tasse avant le freinage de la dernière chicane (et tu pars en luge sur l’herbe avec les conséquences qu’on imagine à la fin… Plus une pénalité pour « franchissement multiples de ligne » !) et ainsi de suite. Décourageant…

Je ne suis pas en train d’affirmer que les IA se comportent de manière spéciale lors des séances en mode coop mais ça y ressemblait fortement. Le dimanche, nouvelles tentatives plein d’espoir et ça été encore pire : j’ai même pris une pénalité pour « consommation excessive ». Cela mérite quelques explications : la réglementation du WEC (le championnat du monde d’endurance) sont très précises et très pointilleuses sur tout ce qui concerne l’énergie, surtout si vous êtes au volant d’une LMh ou une LMdh (qui sont dotées d’un système hybride). Donc, quand Crew Chief (une application in-dis-pen-sa-ble) m’a signalé qu’il était temps de rentrer aux stands pour ravitailler, j’ai cru à une erreur vu qu’il restait encore de quoi faire trois tours en regardant le niveau de carburant. J’ai l’habitude que Crew Chief soit assez prudent sur ses estimations de consommation mais là, j’ai juste eu un message « plat » et pas le formel « we are running on fumes, mate… Pit this lap, box this lap please Alan ». J’ai bien le langage fleuri de Crew Chief (dans les paramètres, je lui ai permis de jurer et c’est souvent très drôle !) comme « we’re running on fumes, mate ».
Bref, j’annule la demande et je décide de faire au moins un tour de plus… Mais voilà, ce faisant, j’ai dépassé la limite d’un paramètre pas expliqué, pas affiché et punitif !

C’est là où, une fois de plus, on se rend compte que trop de réalisme n’est pas forcément le meilleure choix dans une simulation « de loisirs »… J’insiste sur ce dernier point : on est tous très à cheval sur le fait que nos simulations se distinguent des vulgaires « jeux vidéo » mais on s’illusionnent… Au final, se sont quand même des jeux vidéo et rien d’autre. Et, dans ce cadre, il faut toujours trouver la bonne balance entre la juste dose de réalisme (qui renforce l’immersion) et l’excès de réalisme qui détruit le gameplay… Je l’ai souvent affirmé : trop de réalisme tue le gameplay même si ça fait hurler les puristes.

Bref, au bout d’un moment, j’en ai eu clairement marre de me prendre des « baffes dans la gueule » et je me suis dis « mais qu’est-ce que je fais, là ? » et j’ai compris qu’il fallait que j’arrête. Le mode coop est sans doute un grand progrès pour la « simulation de loisir » mais tel qu’il est définit actuellement dans LMU, ce n’est pas pour moi. Il faut avoir un peu de lucidité pour se rendre compte que si je m’installe dans mon baquet pour faire vroum-vroum, c’est d’abord et avant tout pour y prendre du plaisir… Si le plaisir n’est pas là, à quoi bon ?

J’ai donc expliqué à Alix (toujours via Discord) que je laissais tomber. Que j’était désolé de lui avoir fait perdre son temps mais que je ne voulais pas continuer. Alix l’a bien pris et ça prouve simplement que c’est une bonne personne en plus d’être sacrément rapide.

Donc, voilà pour la dernière mise à jour de LMU : du bon, du très bon et du moins bon (selon moi). Le titre a encore une (grosse) marge de progression car il n’est pas encore tout à fait stable et loin d’être optimisé. Mais il y a un potentiel certain et pour l’endurance, il est clair qu’on est face à un premier choix.

L’autre titre dont on attend une grosse mise à jour, c’est AMS2 dont la 1.6 se fait attendre depuis un bon moment maintenant… Cela ne devrait plus trop tarder et je vous en parlerais quand ça sera là.

Le plaisir de « venger » Jean-Pierre Jarier à Interlagos en 1975

Dans les années 70, il y avait un pilote français de F1 que j’appréciais particulièrement : Jean-Pierre Jarier (JPJ) dit « godasso » pour sa tendance à attaquer à outrance !

JPJ en 1976…

Lors des saisons 1974, 75 et 76, JPJ était au volant de la Shadow, une F1 relativement performante (au moins en 1975) mais aussi terriblement fragile. En conséquence, JPJ n’a pas eu à son volant les résultats qu’il méritait ou, tout du moins, qu’il pouvait espérer : il a souvent mené des grand prix mais n’en a remporté aucun !

Godasso dans ses oeuvres sur la très belle et très fine DN5 en 1975…

J’ai surtout en mémoire le GP du Brésil de 1975 que Jean-Pierre dominait (après avoir signé la pôle…) et où il a dû abandonner sur ennuis mécaniques… un crêve-coeur !

Alors, comment rectifier cela aujourd’hui ?
Grâce au SimRacing bien sûr !

En effet, ce qu’il y a de bien avec le SimRacing, c’est qu’on peut également revisiter des épisodes du passé et tenter d’en relever les défis. J’ai donc utilisé Automobilista 2 dans sa version 1.6 (actuellement encore en beta mais ça ne devrait plus tarder) pour revivre cette course dans des conditions proches de la victoire manquée de JP Jarier… Avec la catégorie « Formula Retro gen1 », on a une bonne variété des formule un de 1974/75, manque seulement les Ferrari (et c’est dommage !). On pourrait faire de même avec Assetto Corsa mais je doute qu’on trouverait pour le titre de Kunos une aussi belle version d’Interlagos (celle de 1976, le grand circuit, pas la version réduire dont on doit se contenter de nos jours) que celle que propose Reiza avec AMS2. En effet, Reiza étant un studio brésilien, les circuits nationaux disponibles avec AMS2 sont magnifiques et très soignés, une chance !

De plus, il faut dire que l’ancien Interlagos représente un challenge assez unique avec ses grandes courbes bossellées et interminables, j’adore !

J’ai donc sélectionné Interlagos 1976 et la voiture équivalente à la Shadow DN5 facilement reconnaissable à ses bandes colorées jaune/rouge sur les côtés afin de compenser le noir imposé par le sponsor de l’époque, UOP, une compagnie pétrolière. Je me suis contenté d’une course courte (10 tours) et en mettant les IA à 100%. Je signe la pôle-position de peu devant Fittipaldi sur sa M23 et c’est parti pour dix tours… Je vais dominer cette course tranquillement sans faire la moindre erreur. Il est difficile de transcrire le niveau de satisfaction que peut procurer le pilotage en SimRacing quand tout se passe bien ainsi : j’étais dans le flux, concentration totale, pas un freinage ou un point de corde de manqué, c’était parfait !

Alors, JP Jarier est vengé, il l’a enfin sa victoire ?
Pas tout à fait. La course était trop courte pour représenter un vrai test et je dois désormais relever le niveau des IA (sans doute entre 105 et 110%) afin que le challenge soit plus relevé… à bientôt donc pour de nouvelles aventures au volant de ses voitures virtuelles mais envoutantes !