Cette nouvelle simulation était attendue avec beaucoup d’intérêt par le petit monde du Sim Racing car ses concepteurs sont issus des équipes de feu Papyrus, l’éditeur de Grand Prix Legend et de Nascar Racing (entre autres). A découvrir à http://www.iracing.com
Depuis le lancement du premier round d’invitations sur iRacing (j’ai reçu la mienne le 25 juin), j’ai été surpris de voir la teneur du retour sur les forums français : des avis très tranché sur celui de la FFSCA et quasiment rien sur celui de GTRO !
J’ai aussi pu constater que ceux qui sont les plus virulents sont aussi ceux qui n’ont PAS testé : ils se refusent à franchir le pas à cause de la formule d’abonnement qui leur parait excessif (c’est leur droit) et, ensuite, ils veulent justifier leur décision en disant que « c’est de la merde »… Bizarre ou logique ?
Bref, je vais essayer de vous donner un retour objectif en dehors des questions de coûts qui, c’est vrai, peuvent susciter des débats.
Abordons tout de suite la question du comportement des voitures : c’est tout simplement ce qu’il y a de mieux actuellement, selon moi.
Le feeling est incroyable, la précision est bien là, la réaction immédiate et on « sent » que c’est correct. Les circuits sont bien réalisés aussi même s’il est difficile de se rendre compte si telle bosse est bien au bon endroit (et ça, on s’en fiche un peu).
Ce qui pêche, c’est que les voitures de base ne sont pas très excitantes… Surtout pour ce qui est la Pontiac Solstice (qui la voiture avec laquelle vous débuter votre « carrière » en road racing). Pourtant, quand vous passez au volant de la Skip Barber (une monoplace « école ») qui n’est pas puissante et qui n’a pas d’appui, tout change !
Vous mettez vraiment un pied dans le monde des monoplaces : des voitures précises, exigeantes, vives et qui pardonnent peu… Là, l’excitation monte tout de suite !
Vous allez dire que j’exagère mais on s’y croirait. Et encore : pour le moment mon SimCom Motion n’est pas encore reconnu par iRacing… Qu’est-ce que cela va être quand ça sera le cas ?
Même sans mon « baquet qui bouge », je n’ai pas le « mal de mer » que je ressens que avec Rfactor au bout de quelques tours si j’ai débranché mon SimCom tellement le niveau de concentration nécessaire est élevé…
Ensuite, iRacing innove par sa formule d’encadrement des courses et d’attribution des licences. Tout cela tourne autour du « security rating ». En clair, vous avez dès le départ deux licences : une pour les courses sur ovals et une autre pour les courses sur routes. Bien entendu, vous commencez en bas de l’échelle : rookie pour les deux !
Pour grimper, il faut gagner des points sur votre « security rating » en participant à des courses et à des « time trial » (épreuves chronométrées). Mais on peut aussi *perdre* des points lors de ces épreuves !
C’est là où est l’astuce : soit vous boucler vos courses sans incident, soit votre progression vers le prochain niveau de licence va être long…
Et les championnats les plus intéressants sont évidemment réservés à ceux qui ont fait leurs preuves lors de ces épreuves pour rookies. Donc, on se retrouve dans une situation d’auto-contrôle qui est une alternative intéressante au code de discipline instauré par les ligues (et je pense même que les ligues sont nées à cause de la nécessité de mettre en place ce code de conduite et de la faire respecter).
Tout d’un coup, c’est comme si le lobby n’était plus pollué par les bourrins !
Les critiques les plus fréquentes sur iRacing se résument à « c’est trop américain » et « c’est juste une réutilisation de Nascar Racing 2003″… A mon avis, c’est un peu court !
Tout d’abord, c’est vrai qu’il y a beaucoup de circuits américains qui sont proposés, et alors ?
Des pistes comme Laguna Seca, Road America ou Daytona, c’est pas des tracés valables, grandioses même ?
Il y aura des contenus européens, ça viendra mais le choix de circuits est déjà assez varié je trouve.
L’autre critique porte sur l’orientation « courses sur ovals »… Il flotte là un relent de « les courses sur ovals, c’est bon pour les bourrins qui ne savent ni freiner ni piloter… le vrai pilotage, c’est sur circuit routier, point ! ». Objection votre honneur : je suis plutôt un pilote de routier mais je me suis toujours aperçu que performer sur les ovals était loin d’être simple… Alors, pensez que c’est « une voie de garage pour les pilotes ratés », vous m’excuserez mais c’est risible !
J’ai participé à une dizaine de courses avec les « Legends cars » sur des ovals courts et je peux vous assurez que c’est terriblement prenant… Et mes médiocres résultats (un seul top 5) prouvent que non, ce n’est pas facile.
Ceci dit, tout n’est pas super positif au royaume de iRacing, il y a des points noirs et j’en vois au moins deux gros :
1- le mécanisme de « security rating » est super en théorie mais pas encore parfait en pratique… En effet, vous perdez des points même si vous êtes la *victime* d’un accrochage : vous êtes percuté par l’arrière mais ça compte pareil !
C’est comme si on était puni deux fois : votre course est ruinée par un pilote qui ne maitrise pas son freinage ou sa ligne ET vous perdez des points par la même occasion… Super frustrant !
Je sais bien qu’il faut être deux pour s’accrocher mais tout de même, c’est dur à avaler. Du coup, on se retrouve à faire des efforts démesurés pour être sûr de n’être touché par personne… Je pense que le mécanisme doit être amendé et je doute qu’il soit définitif dans sa forme actuelle.
2- le programme est gourmand en ressources systèmes… Toute l’interface utilisateur repose sur un navigateur web (une bonne idée d’ailleurs) qui lance le programme permettant de se retrouver sur piste. Mais ce dernier est très exigeant et les FPS sont rares. Tellement rare que dans certains cas que ça en devient carrément injouable !
Je viens juste de changer de PC et c’est iRacing qui ma poussé à le faire… Si on ajoute que tout, absolument tout est en anglais et seulement en anglais (moi, ça ne me gêne pas du tout mais je peux comprendre que ça en rebute), ça fait quand même quelques obstacles à franchir… Faut déjà être motivé !
Et comme en plus il n’y pas de démo possible (zéro), que tout se passe online (zéro offline, même quand on est seul), ça commence à faire beaucoup.
Donc oui, objectivement je comprend qu’on puisse être dubitatif face à cette offre qui est très atypique : innovante, très encadrée, avec une approche restrictive et un mode de paiement aussi inhabituel (dans notre petit monde du Sim Racing… ailleurs, dans les grands jeux multi-utilisateurs, il y a longtemps que c’est ainsi).
Pourtant, je constate que les retours sur le forum de RSC sont majoritairement positifs (pour ne pas dire élogieux) et que les avis sur le forum propre à iRacing (il y en a un mais il est réservé aux inscrits) sont de la même teneur. Ceux qui ont essayé ont adopté et sont devenus accros (avec des exceptions, des testeurs comme Guillaume Siebert ont passé leur chemin…).
Pour moi, c’est clair que je suis désormais du côté des accros et pour plein de raisons :
– je crois à la pertinence du principe du security rating (même s’il est perfectible)
– j’aime le comportement des voitures (même si les voitures ne sont pas très excitante a priori)
– j’aime le fait de pouvoir courrir souvent (en ligue, on doit s’entrainer beaucoup mais on court rarement finalement… là, c’est une course toutes les deux heures !)
Je suis persuadé que cette formule a un énorme potentiel et que iRacing est en train de changer le mode de fonctionnement du Sim Racing. Cela ne veut pas dire que tout va changer brutalement, il faudra du temps bien sûr.
Mais je vois à l’avenir deux formules :
– une simulation très ouverte, conçu pour le modding et les ligues… et c’est Rfactor.
– une simulation très fermée, conçu pour l’organisation de courses en continue et avec un code sportif bien défini… et c’est iRacing.
Bien entendu, tout cela n’est que mon avis in fine. D’aucuns peuvent rigoler en pensant « sacré Alain, il sait plus comment claquer son fric, voilà qu’il se fait avoir avec cette daube d’Iracketing »… Riez messieurs, moi j’y retourne !